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FOREST Nicolas

Docteur : 2017
(études iraniennes)

nicolas.forest@insee.fr

Directeur de thèse : Philip Huyse
Ecole doctorale : ED 472, Ecole Pratique des Hautes Etudes

Titre de thèse : Successions et libéralités dans l’Iran mazdéen

 
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Date de soutenance : 25 février 2017

 
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Résumé

À l’instar du droit romain, le droit successoral mazdéen distinguait les présomptions simples et irréfragables, connaissait la représentation successorale, la théorie des comourants, le droit d’accession, le rapport des libéralités ; en matière de règlement du passif, il appliquait la règle nemo liberalis nisi liberatus, permettait aux créanciers successoraux de bénéficier du privilège de la séparation des patrimoines, soumettait les cohéritiers débiteurs à une obligation in solidum ; en matière de droit de la filiation, il distinguait l’adoption simple de l’adoption plénière. Enfin, l’un des noms de l’héritier en moyen-perse, le xwāstagdār (litt. « possesseur de biens »), n’est sans doute rien d’autre que le bonorum possessor du droit romain, héritier qui tenait, à l’origine, son droit de l’Edit du préteur. L’obligation, pour tout paterfamilias, d’engendrer un garçon afin de perpétuer son lignage et d’assurer son existence future dans l’au-delà est à l’origine de deux institutions successorales essentielles, l’ayōgēnīh (obligation pour l’épouse, la fille ou la soeur du défunt de mettre au service de celui-ci sa capacité reproductive afin de lui procurer un enfant mâle, sur le modèle de la putrikā indienne ou de la fille épiclère en Grèce) et la stūrīh (sorte de substitution fidéicommissaire), laquelle permettait à la fois la production d’un héritier mâle au profit du de cujus et la conservation des biens de famille, puisque le bien détenu en stūrīh l’était toujours à charge de conserver et de transmettre. La nécessité de conserver les biens de famille était également satisfaite par la création de biens de mainmorte, grâce aux fondations charitables (pad ahlawdād).

 
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Abstract

Inheritance law and Liberalities in mazdean Iran

Like the roman law, the mazdean inheritance law knew the rebuttable and irrebuttable presumptions, the right of representation, the right of accession, the collatio bonorum(return of property to the mass of the succession), made application of the commorientes rule, the rule nemo liberalis nisi liberatus, protected the creditors of the deceased by reserving the estate for them and excluding the creditors of the heir when he was insolvent (separatio bonorum), subjected the debtor joint heirs to an obligation in solidum, distinguished between the adoptio plena and the adoptio de minus plena. Finally, one of the names of the heir in middle-persian, the xwāstagdār (litt. « possessor of the properties »), is doubtless nothing else than the bonorum possessor of the roman law, the heir to whom the possession of an estate was given by the praetor.The obligation, for every paterfamilias, to get a male child in order to secure his issue and its future existence in the afterlife, is at the source of two essential institutions of this law, namely the ayōgēnīh (obligation for the wife, the daughter, or the sister of a deceased to put her reproductive capacity to the service of the latter in order to provide him with a male child, on the model of the Indian putrikā or the epiclere daughter in Greece) and the trust (stūrīh), the latter allowing the production of a male heir for the benefit of the deceased as well as the preservation of the family’s properties, because the goods held in stūrīh had always to be kept and conveyed. The necessity of keeping the family’s properties was also fulfilled by the creation of the properties of mortmain, through charitable foundations (pad ahlawdād).

 

mis à jour le