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DAVID Hugo

Docteur : 2012

Directeur de thèse : G. Gerschheimer
EPHE, Paris (2007)
Titre de thèse : La parole comme moyen de connaissance. Recherche sur l’épistémologie de la connaissance verbale et la théorie de l’exégèse dans l’Advaita Vedanta

Thèse soutenue le 3 décembre 2012

Résumé
Le présent travail met en évidence l’existence, à partir de la fin du 10e _ siècle, d’un courant autonome de réflexion sur le langage au sein de la tendance « non dualiste » (Advaita) du Vedānta, en définit les principales caractéristiques et cherche à en dégager la cohérence doctrinale et les évolutions. Il prend pour point de départ le Śābdanirṇaya de Prakāśātman (950-1000), dont une nouvelle édition est proposée, ainsi qu’une première traduction française intégrale et un commentaire suivi, accompagnés d’une nouvelle édition de son unique commentaire sanskrit connu, la Nyāyadīpikā d’Ānandabodha (11e/12e s.). Ce traité, oeuvre d’une figure majeure de l’Advaita Vedānta après Śaṅkara, est aussi le premier (et peut-être le seul) texte de cette école à être intégralement consacré à une réflexion sur la parole, considérée comme un moyen de connaissance à part entière. La parole est envisagée par son auteur sous ses aspects profane et sacré (la Révélation védique), à ses différents niveaux (le son, le mot, la phrase, le texte) et eu égard à ses divers effets (la connaissance, l’action, l’expérience salvifique). Une étude préliminaire situe d’abord le texte dans l’histoire de la tradition non dualiste et examine son influence, sensible au moins jusqu’au 14e siècle. Elle montre ensuite comment Prakāśātman, puisant abondamment dans la tradition exégétique antérieure (Maṇḍana Miśra, Śālikanātha), la renouvelle en profondeur et élabore une philosophie du langage sans précédent dont le fil directeur est l’hypothèse d’une connaissance verbale immédiate, qui constitue une justification d’ordre épistémologique à la place centrale accordée à la parole dans l’édifice théorique de l’Advaita.

“Speech as a means of knowledge – An investigation into the epistemology of verbal knowledge and the theory of exegesis in Advaita Vedānta”

Summary
The present work identifies an autonomous trend of thought on language within the “non-dualist” (Advaita) branch of Vedānta from the end of the 10th century onwards, defines its main characteristics and tries to highlight its doctrinal coherence and evolutions. Its point of departure is a study of the Śābdanirṇaya of Prakāśātman (950-1000), a new edition of which is proposed, followed by a first complete translation into French, by a running commentary and by a new edition of its only known Sanskrit commentary, Ānandabodha’s Nyāyadīpikā (11th/12th century). Authored by one of post-Śaṅkara Vedānta’s foremost thinkers, the Śābdanirṇaya is the first (and perhaps the only) Advaita text to be fully devoted to a reflection on speech, considered a means of knowledge in its own right. In this work, speech is dealt with in its sacred as well as secular aspects (in the first case, in the form of Vedic Revelation), on different linguistic levels (sounds, words, sentences, texts) and according to its different possible effects (knowledge, action, salvific experience). A preliminary study first situates the text in the history of Advaita Vedānta and investigates the extent of its influence on later authors, perceivable at least until the end of the 14th century. Secondly, it shows how Prakāśātman, drawing abundantly from previous exegetical sources (Maṇḍana Miśra, Śālikanātha), deeply reinterprets this heritage and elaborates an unprecedented philosophy of language, centred on the hypothesis of an immediate verbal knowledge, which serves as an epistemological justification for the importance devoted to speech in the theoretical building of non-dualism.

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