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Enjeux de la philologie indienne traditions, éditions, traductions - transferts

5-7 décembre 2016
Colloque international
 

Paris, Collège de France
11 place Marcelin Berthelot - 75005 Paris

 

 

 
Comité scientifique
Lyne Bansat-Boudon (EPHE)
Silvia D’Intino (CNRS)
Philippe Hoffmann (EPHE)
Charles Malamoud (EPHE)
Jean-Noël Robert (Collège de France)

 
Organisation
Lyne Bansat-Boudon (EPHE, Mondes iranien et indien)
Silvia D’Intino (CNRS – ANHIMA)
Jean-Noël Robert (Collège de France, CRCAO)

 
Institutions co-organisatrices
Collège de France
École Pratique des Hautes Études (EPHE)
Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
Centre de recherche sur les civilisations de l’Asie orientale (CRCAO)
Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques (ANHIMA)
Mondes iranien et indien (UMR7528-CNRS)

 
Avec le soutien de
Labex HASTEC (Pres HESAM)
ANR-DFG Perso-Indica

 

Argumentaire
Les travaux d’édition et de traduction des textes indiens en langues européennes ont été accompagnés, tout au long du XXe siècle, par un débat sur les diverses manières d’aborder les textes et leurs enjeux philologiques — un débat qui se poursuit aujourd’hui, non sans impliquer la création de nouveaux concepts.
L’édition des classiques grecs et latins a, dès longtemps, offert un modèle d’analyse et de traitement des textes qui a structuré la conception même de la science philologique mise en oeuvre, à partir de la fin du XIXe siècle, dans la grande vague d’éditions des corpus philosophiques et littéraires indiens. La constitution des grandes collections savantes des classiques indiens, en Inde comme en Europe et aux Etats-Unis (telles les Sacred Books of the East, la Kashmir Series of Texts and Studies, ou la Harvard Oriental Series) ainsi que la production ininterrompue d’éditions critiques et de traductions annotées des textes sanskrits ont montré tant l’adhésion quasi unanime à cette méthode que la fragilité d’un modèle ecdotique qui peine parfois à s’appliquer hors des corpus pour lesquels il a été conçu.
Comment, par conséquent, rendre compte des caractéristiques singulières des traditions textuelles indiennes et des particularités de leur histoire au fil des siècles ? Comment aborder, par exemple, la question de l’auteur et de son rôle dans des traditions essentiellement orales, du moins en leurs débuts ? A cet égard, on peut faire référence aux notions contemporaines d’« orature » (vs écriture) et d’« oraliture » (vs littérature), forgées pour désigner les textes dont le support est, synchroniquement, le moment même de l’énonciation, ou, diachroniquement, la chaîne d’énonciation. Dès lors, quel est le statut de la variante, et quel sens donner à la quête de l’original dans une culture où les sphères de l’oral et de l’écrit ne cessent de se recouvrir, et où la transmission des textes inclut traditionnellement le passage par l’oral ?
Les méthodes de la philologie varient : d’une part, le travail de l’édition critique, cet effort vers la reconstitution d’un texte original, qui va généralement de pair avec celle du style d’un auteur engageant sa « responsabilité » ; d’autre part, la mise au jour d’une stratigraphie textuelle, sur le modèle du palimpseste, ou l’approche génétique, qui permettent de suivre la fabrique d’un texte et sa relation à une tradition entière, en adoptant un point de vue intra- et intertextuel. Tandis que l’édition critique vise à « épurer » le texte, son étude comme palimpseste ou l’interprétation génétique dont il fait l’objet privilégient le regard porté sur les étapes et les strates de sa composition.
Quoi qu’il en soit de la méthode, la tâche est rendue difficile par le nombre et l’impressionnante dissémination des manuscrits indiens, au moins pour une grande partie de la littérature. Difficulté contrebalancée, aujourd’hui, par les bases de données et la mise à disposition de sources et d’instruments d’analyse de plus en plus affinés qui modifient le terrain même d’une discipline appelée à se renouveler à l’aune de nouveaux défis.
Par l’étude de cas particuliers, on se propose de réfléchir aux questions que pose la diversité des textes, ce qui implique également que l’on examine les modalités du passage d’une langue à une autre ou d’un système de pensée à un autre. L’une des tâches de la philologie indienne est, en effet, la prise en compte de la pluralité des langues : pluralité des langues indiennes des sources, pluralité des langues de traduction ou de conservation (sanskrit, pâli, tibétain, chinois, persan, etc.), avec pour corrélat les différentes formes de la réécriture.
Le colloque réunira donc indianistes, bouddhologues et iranologues. La contribution de classicistes et de philologues travaillant sur les traditions textuelles européennes apportera au débat un contrepoint indispensable.
Par cet élargissement de perspective, on s’efforcera de montrer comment la philologie indienne, loin de se réduire à sa dimension proprement technique (emendatio, stemma codicum, traduction…), se transforme au fur et à mesure qu’elle rencontre des objets différents, éclairant le champ entier de la culture dont les textes témoignent.

 

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